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Criminalité : les délinquants traqués grâce aux nouvelles technologies

Des gendarmes de la cellule N-Tech poursuivent escrocs, dealers et pédophiles sur la Toile

Criminalité : les délinquants traqués grâce aux nouvelles technologies
La gendarmerie a formé des spécialistes pour veiller sur Internet et traquer les délinquants.© PHOTO 

ARCH. AFP
En civil. Face à leurs ordinateurs, Patrice et Christophe ne ressemblent pas à des gendarmes. Pourtant, le premier est adjudant-chef et le second adjudant à la cellule N-Tech de la section des recherches de la gendarmerie, quartier Béteille à Bouliac.

Tous les deux ont la qualification d’officiers de police judiciaire et sont des spécialistes des technologies de l’information et de la communication. Les disques durs des ordinateurs, les téléphones mobiles et Internet n’ont pas de secret pour eux.

L’univers dématérialisé est leur territoire d’investigation. Comme leurs collègues enquêteurs de terrain, ils font la chasse aux délinquants, malfrats et voyous de tous poils dans les méandres électroniques des ordinateurs comme sur la Toile.

Cette dimension technologique de l’investigation n’est pas nouvelle au sein de la gendarmerie, dont les compétences en la matière sont largement reconnues. Particulièrement dans le dépistage des pédophiles qui avancent masqués sur les forums utilisés par les adolescents.

« La traque de la pédophilie et la pédopornographie ont longtemps constitué l’essentiel de notre travail, souligne Christophe. Depuis quelques années, les choses évoluent. Notre travail s’est aussi orienté dans le domaine des escroqueries et du trafic de stupéfiants. »

Ordinateurs et téléphones

L’activité des deux spécialistes N-Tech de la section de recherches de Bordeaux nécessite d’avoir à la fois des compétences techniques et psychologiques.

Techniques d’abord, pour explorer les contenus des disques durs ou des téléphones saisis lors de perquisitions. « Nous cherchons des données, des bibliothèques d’images, des vidéos susceptibles d’aider nos collègues. Cela peut être déterminant. On essaie d’obtenir ces éléments au plus vite pour rester dans le temps de la garde à vue. Mais il peut arriver qu’elle soit différée pour nous permettre d’achever nos analyses. L’approche numérique dans les investigations est devenue incontournable », affirme Patrice.

Il cite en exemple ce jeune adulte venu déposer plainte pour viol contre son beau-père. Des faits survenus quelques années plus tôt. « La saisie de l’ordinateur du mis en cause et la mise à jour de fichiers pédopornographiques ont démontré qu’il avait une tendance à la pédophilie et ont permis de le conduire à reconnaître les faits », raconte Christophe.

L’autre segment de l’activité des deux spécialistes se déroule sur Internet.

« Nous travaillons à partir d’informations qui nous parviennent ou sur initiative. Nous avons été formés de manière à pouvoir faire de l’infiltration sur des forums ou des réseaux sociaux susceptibles d’être fréquentés par des délinquants. »

Appel à la prudence

Les gendarmes peuvent ainsi se faire passer pour des ados afin de détecter les délinquants sexuels. Les deux gendarmes invitent les utilisateurs des réseaux, notamment les plus jeunes, à la prudence à l’heure des « selfies » et des webcams devant lesquelles certains dévoilent leur intimité.

« Lorsque des images indésirables sont mises sur Internet, nous sommes en mesure de les faire retirer des sites sur lesquels elles apparaissent. Mais si elles ont été transmises via un réseau de téléchargement de type peer-to-peer, il est impossible de garantir que ces images ne réapparaîtront pas. Ce qui peut avoir de graves conséquences », prévient Patrice, en évoquant le suicide d’une adolescente de 15 ans, Amanda Todd, en octobre 2012 au Canada, après qu’une photo d’elle dénudée a été mise en ligne.

Source : SUD OUEST www.sudouest.fr

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