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Le - En quoi la gendarmerie peut-elle être un rempart à l’agribashing ?

La profession en appelle à la gendarmerie

Publié le:  28 juin 2019

Les attaques et les incitations à porter atteinte aux personnes et plus largement les propos violents proférés à l’encontre du monde agricole et de l’élevage en particulier, se multiplient. Certains agriculteurs reçoivent des lettres, d’autres voient des affiches placardées à l’intérieur de leurs bâtiments avec des menaces et des insultes. Ils se sentent démunis face à cette situation C’est dans ce contexte que les secrétaires Généraux de JA, Arnaud Gaillot, et de la FNSEA, Jérôme Despey, ont rencontré le Major Général Christian Rodriguez, le numéro deux de la Direction générale de la Gendarmerie nationale (DGGN).

En quoi la gendarmerie peut-elle être un rempart à l’agribashing ?
Jérôme Despey, secrétaire général de la FNSEA (J. D.) : Jusqu’à présent, les agriculteurs « visités » ont réagi avec beaucoup de discernement. Mais l’emballement médiatique fait pousser des ailes aux extrémistes de tout bord en développant un sentiment d’impunité totale. Nous avons donc fortement exprimé notre crainte quant à un accident touchant les personnes ; que ce soit un agriculteur ou un extrémiste. JA et FNSEA souhaitent que les services de gendarmerie accueillent avec la plus grande bienveillance les agriculteurs victimes de ces actes dans leurs dépôts de plainte. Au-delà de l’écoute individuelle, il est indispensable de pouvoir organiser collectivement la prévention contre tous les actes délictueux. Les cibles des activistes sont connues, elles sont mêmes cartographiées publiquement. Nous souhaitons que la surveillance des gendarmes puisse se faire en priorité à proximité de ces sites en lien avec nos fédérations départementales. Dans cet objectif de prévenir les dommages, JA et FNSEA ont proposé de généraliser les rencontres gendarmerie-syndicat à échelle départementale et locale pour faire le point sur la situation sur le terrain, accompagner au mieux les agriculteurs et diffuser les bonnes pratiques. Un guide sur la prévention et les bonnes pratiques à diffuser largement pourrait également être fourni ou construit avec la gendarmerie.

Quelle a été la réaction du Général Rodriguez à vos demandes ?
Arnaud Gaillot , secrétaire général des JA (A. G.) : Le Général Rodriguez a tenu des propos fermes à l’encontre des antispécistes et autres animalistes extrémistes. Des enquêtes ciblées sur les antispécistes couplées avec un travail de renseignement afin de détecter les infractions sur les réseaux sociaux est actuellement mené par les services de gendarmerie. Ces enquêtes peuvent sembler longues mais elles ont pour objectif prioritaire de construire des dossiers judiciaires les plus solides possibles afin d’éviter un simple rappel à la loi. La DGGN souhaite que les procédures judiciaires puissent aboutir à des sanctions proportionnelles à l’importance des actes. Pour cela, il est essentiel d’avoir une vision nationale afin de pouvoir établir des liens entre une multitude de faits et d’infractions. C’est le rôle du Service central de renseignement criminel de la gendarmerie nationale chargée de structurer les procédures contre la criminalité organisée en lien avec des cyber-patrouilles pour coordonner les actions. Par ailleurs, l’Office central de lutte contre la délinquance itinérante (OCLDI) est en contact avec les polices européennes. L’OCLDI pourrait parfaitement y intégrer ce type de délits. Un travail parallèle pourrait ainsi se construire avec les organisations agricoles européennes.

Et concrètement, à quoi les agriculteurs peuvent s’attendre ?
A. G. : Le Général Rodriguez souhaite que des fiches « conseils » puissent être diffusée aux agriculteurs. Il faut que chacun sache comment réagir. En cas de réception d’une lettre anonyme, par exemple, comment faire pour préserver de possibles relevés d’ADN. Le Général Rodriguez souligne l’obligation qu’ont toutes les gendarmeries de recueillir les plaintes des agriculteurs. Un rappel de cette règle sera fait à l’ensemble des brigades. Dans l’hypothèse où un agriculteur se verrait refuser sa demande, JA et FNSEA pourront le signaler à la DGGN. Afin de prévenir et anticiper les intrusions, des échanges avec les responsables sécurité de chaque département devront être organisés. Des patrouilles à proximité des sites les plus sensibles pourront être organisées.Le Général souhaite que des échanges réguliers soient instaurés entre JA et FNSEA et la DGGN.
En parallèle de ces rencontres institutionnalisées, des échanges d’informations sont indispensables dès détection d’actes présumés délictueux, en particulier sur des sites internet et réseaux sociaux. Une enquête nationale pourrait alors être menée afin d’identifier certaines adresses IP. Il s’agit de coordonner au mieux nos actions judiciaires visant à faire disparaître certaines données et des actions d’ordre administratives.
Pour que ces enquêtes soient prioritaires et disposent de moyens suffisants, il est indispensable de continuer à sensibiliser l’ensemble des ministres et parlementaires, comme nous le faisons déjà. A noter qu’un projet de loi sur la sécurité pourrait prochainement être débattu au parlement. Cela peut être l’occasion de travailler au durcissement des sanctions à l’encontre de ceux qui s’attaqueraient à des exploitations agricoles

Source : www.laterredecheznous.com

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