Articles

Le - Le pervers sexuel draguait… les gendarmes sur internet

,

Le pervers sexuel draguait… les gendarmes sur internet

Justice

L'homme a été arrêté par les gendarmes cyberpatrouilleurs./ Photo DDM archives

L’homme a été arrêté par les gendarmes cyberpatrouilleurs./ Photo DDM archives

« Tu te rends compte ! Comment peut-on peut faire ça à une gamine ? ». La salle du tribunal correctionnel de Toulouse ne cache pas sa colère face à Joël, 60 ans, un employé de la mairie de Toulouse. Cet homme comparait pour avoir, d’août à février, proposé des rapports sexuels à une fillette de 12 ans ! Il lui avait également envoyé des photos pédopornographiques.

«Heureusement, derrière Émilie se cachaient en réalité les gendarmes spécialisés», rassure tout de suite Didier Suc, président du tribunal correctionnel. Ces derniers ont effectué une mission de cybersurveillance sur internet en août 2016. Ces spécialistes ont créé le compte d’une certaine Émilie, âgée de seulement 12 ans.

Très vite, les gendarmes se sont aperçus qu’un homme venait lui parler jour et nuit, sans se douter qui se dissimulait derrière ce profil. Rapidement,  l’internaute a été informé de l’âge de sa proie, « mais cela ne l’a pas arrêté », note le président du tribunal. Bien au contraire, les discussions ont tourné à l’affreux. Le prévenu n’a pas hésité à employer des mots obscènes et à proposer à « Émilie », d’avoir des rapports sexuels, « quand la mère de la soi-disant petite serait absente », lâche le président. Il est même allé jusqu’à lui envoyer une photographie d’une mineure en plein rapport sexuel, espérant que s’ils se rencontraient, ils feraient de même !

Les gendarmes ont finalement organisé le rendez-vous. Les militaires ont remplacé la fillette et l’individu a été arrêté. Les enquêteurs ont mis à jour sur son ordinateur 37 photos à caractère pornographique mettant en scène des mineurs. Plus inquiétant encore, le prévenu aurait eu une relation sexuelle avec une fillette âgée de 13 ans. « Ça remonte à longtemps, une dizaine d’années… C’était en Ariège, elle était consentante. C’est elle qui a pris l’initiative », se justifie l’homme dans le box.

« Monsieur, vous imaginez qu’à 13 ans, on est apte à être consentante ? », s’agace le président. « Que se serait-il passé si Émilie avait été réelle ? », renchérit le magistrat.

« Je n’en sais rien », lui répond Joël ,diagnostiqué par un expert psychiatre socialement dangereux avec une structure pédophilique.

Le procureur Alain Grellet ne dissimule pas sa colère. « Nous sommes au-delà du dégoût et de l’horreur. À 12 ans, on n’est pas désirable mais vous avez désiré. À 12 ans ,on est à la veille de l’adolescence, de la découverte du monde et vous avez tout sali », dit-il en regardant le prévenu. « Rien ne vous excuse », poursuit le procureur avant de requérir 18 mois de prison accompagnés de 5 années de suivi sociojudiciaire avec mandat de dépôt.

Me David Lanes a du mal « à trouver les mots pour la défense », mais demande à ce que son client soit soigné. « Plus que la prison, les soins sont nécessaires. Il doit revenir dans la société guéri ». Le tribunal l’a en partie entendu puisqu’il le prévenu a été condamné à 3 ans de prison dont 18 mois assortis d’un sursis avec mise à l’épreuve avec obligation de soins plus 5 ans de suivi sociojudiciaire. Le prévenu a été incarcéré à la fin de l’audience.

Be Sociable, Share!