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Le Tréport – Quand les gendarmes de Penly frappent à la mauvaise porte

Un trafic de cigarettes a été démantelé dans le port du Tréport. Mais lors des interpellations, une unité de gendarmerie basée à Penly s’est trompée d’adresse…

Le Tréport« La nuit tout peut arriver, l’erreur est humaine, la preuve » soupire le commandant Patrice Lagadec. A l’arrivée, la compagnie de gendarmerie de Dieppe a résolu une belle affaire tout en tapant à la mauvaise porte. Agissant à partir d’un renseignement donné par les douanes de Dieppe qui soupçonnaient quelque chose de pas très net après avoir contrôlé un navire russe à l’été 2012, les militaires ont démantelé un trafic de contrebande de cigarettes. En cause : des dockers et des employés du port du Tréport qui achetaient sous le manteau des cartouches à des marins étrangers de passage. Le 13 novembre, les forces de l’ordre (40 personnes) agissant sur réquisition du Procureur de la République de Dieppe « tapent » plusieurs objectifs à Bouvaincourt-sur-Bresle, Saint-Quentin Lamotte et au Tréport. Sauf que le peloton spécialisé de protection (PSPG) de Penly qui intervenait à l’aube…. s’est trompé d’adresse.

Le sexagénaire menotté

Au lieu d’investir le domicile de trois suspects, il est entré dans celui de deux retraités. Le sexagénaire qui ouvrait la porte a été menotté. Sa femme âgée de 62 ans et qui sortait de l’hôpital était alitée. Ce n’est que lorsque les suspects ont décliné leur identité que la commissaire du GIR, le groupe d’intervention régionale, a fait retirer les militaires et les policiers présents : « on partait sur une habitation où résidaient trois individus dont l’un potentiellement dangereux, le PSPG a été mobilisé car il dispose d’une certaine force de persuasion » assure le commandant Lagadec. Pour mettre fin à certaines rumeurs persistantes, ce dernier précise que « la porte d’entrée (NDLR : de l’habitation) n’a pas été cassée et que les militaires n’étaient pas cagoulés»Finalement, le chef de la colonne a fini par intercepter les bons protagonistes de l’affaire qui se trouvaient… deux maisons plus loin, rue de Normandie.

Ils portent plainte

Dès 7 h 45, le commandant de la compagnie de gendarmerie accompagné du capitaine Canut, de la brigade du Tréport, s’est entretenu avec les retraités encore sous le choc. Ces derniers qui ne souhaitaient pas porter plainte ont fini par revenir sur leur décision lundi dernier. A l’initiative du parquet de Dieppe, cette enquête a été délocalisée. Elle a été confiée à la brigade de recherches de Neufchâtel-en-Bray.
Reste que les perquisitions ont été positives. Des cartouches et une quinzaine de bouteilles d’alcool ont été saisies dans les différents domiciles et même dans l’enceinte du port. Au total, 15 personnes âgées de 40 à 50 ans ont été concernées par cette affaire. Cinq d’entre elles (des dockers et une femme de docker) ont été placées en garde à vue et dix ont été entendues pour recel. Les intéressés ont reconnu leur participation aux faits. Les cigarettes étaient débarquées des navires avec les poubelles. Et les dockers les récupéraient dans les conteneurs à ordures. Un mode opératoire bien huilé.

20 euros la cartouche

En 2013, comme en 2011 et 2012, 180 cartouches de cigarettes achetées 20 euros l’unité auraient été ainsi consommées par les intéressés ou revendues à prix coûtant sous le manteau à des amis ou à des proches. Selon certains mis en cause, « le trafic existait depuis toujours ». D’autres affirment qu’il perdurait depuis « 3 ou 10 ans ». Les protagonistes ne s’acquittaient pas des taxes. Même chose avec les bouteilles qui étaient données aux dockers quand les cales des navires étaient bien nettoyées. L’enquête, qui n’en est qu’au stade préliminaire, se poursuit et pourraient entraîner de nouvelles interpellations.

Les principaux intéressés devront s’expliquer devant le tribunal correctionnel de Dieppe.

Source : les informations dieppoises www.lesinformationsdieppoises.fr

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