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Crise en Nouvelle-Calédonie : un huitième décès par balle à déplorer

Le véhicule de location utilisé par les gendarmes mobiles porte un impact de balle au niveau de la portière conducteur.
Le véhicule de location utilisé par les gendarmes mobiles porte un impact de balle au niveau de la portière conducteur. • ©Procureur de la République

Depuis le début de la crise, c’est le huitième décès confirmé par le président Louis Mapou, ce samedi. Il s’agit d’un jeune de Païta, membre de la famille du grand chef. Il avait été blessé lundi dernier par un gendarme mobile.

Charlotte MannevyNoémie Dutertre 

Publié le 8 juin 2024 à 12h38, mis à jour le 8 juin 2024 à 15h56

Les graves événements qui secouent la Nouvelle-Calédonie depuis le 13 mai dernier ont fait une nouvelle victime. L’information a été confirmée par le président du gouvernement Louis Mapou dans son allocution, ce samedi 8 juin. Puis dans un communiqué du procureur de la République, Yves Dupas, qui indique que l’homme âgé de 26 ans, domicilié au col de la Pirogue est décédé le vendredi 7 juin vers 22 heures. Il était blessé à la tête « par un projectile balistique dans la soirée du 03 juin 2024.« 

En effet, la personne décédée est un jeune de Païta, membre de la famille du grand chef. Il avait été blessé lundi dernier en même temps qu’un autre jeune aux alentours de 16 heures, au niveau du barrage de Saint-Laurent. 

Une altercation qui tourne au drame 

En effet, une altercation avait eu lieu entre des gendarmes mobiles qui n’étaient pas en service et qui remontaient vers Nouméa à bord d’un pick-up selon les informations communiquées ce jour-là, par le procureur de la République, Yves Dupas. La voiture des gendarmes avait été délibérément percutée par l’arrière par un autre véhicule à bord duquel se trouvaient des hommes armés. Deux gendarmes avaient alors riposté. Une version contestée par la CCAT de Païta qui avait, elle, parlé d’une provocation des forces de l’ordre.

L’information a été réfutée par le procureur qui a assuré que cette version ne correspondait pas aux constats effectués sur place. 

« Je tiens à rappeler que les gendarmes du groupe d’intervention de la gendarmerie nationale, dépêchés sur les lieux ont prodigué des soins aux deux personnes blessées, à savoir un point compressif au niveau de la tête pour la première, et un garrot pour la seconde qui a été atteinte au bras « , indique le procureur de la République dans son communiqué du 8 juin. Il détaille: « ce sont toujours les gendarmes du groupe d’intervention de la gendarmerie nationale qui ont transporté les deux victimes au centre hospitalier du Médipôle, en rencontrant d’ailleurs certaines difficultés pour franchir plusieurs barrages sur la route de Dumbéa et en étant en outre visés par la projection de pierres en leur direction. » le pronostic vital de l’homme blessé à la tête était engagé depuis son admission au centre hospitalier, le jour même. Une autopsie a été ordonnée par le parquet.

Investigations

« A ce stade, les investigations ont permis d’établir que le véhicule de location utilisé par les gendarmes mobiles porte un impact de balle au niveau de la portière conducteur« , commente Yves Dupas.  Pour lui, « la présence de traces de choc et de frottement sur la carrosserie du véhicule des gendarmes tend à confirmer la version des gendarmes sur la manœuvre  délibérée  du conducteur du pick-up  venant percuter leur véhicule  par l’arrière au niveau du pare-choc puis sur le côté latéral,  afin de les projeter dans le  fossé.« 

Selon les enquêtes en cours, il apparaît qu’un troisième homme se trouvait dans le pick-up « potentiellement armé » qui aurait pris la fuite après l’échange de coups de feu. « Les investigations se poursuivent », assure le procureur de la République. 

Huit personnes décédées

Au total, 8 personnes sont donc décédées depuis le 13 mai dont six Calédoniens et deux gendarmes venus en renfort de Métropole.

Source : la1ere.francetvinfo.fr

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