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Choisy-au-Bac : Le gendarme du GIGN en mission qui avait percuté un couple de septuagénaires, reconnu coupable

7 JUIN 2022 Par Fabrice Alves-Teixeira

Le gendarme a été reconnu coupable, mais dispensé de peine – Photo d’illustration : Gendarmerie nationale

En août 2020, un véhicule du GIGN en mission avait percuté la Renault Clio d’un couple de septuagénaires à Choisy-au-Bac. Le militaire conduisait un 4×4 Mercedes. Le conducteur de l’autre véhicule, un retraité du nom de Bernard Poiret, avait subi de nombreux traumatismes. Il s’était vu délivrer 100 jours d’ITT. Son épouse avait été très choquée. Le dossier a été jugé ce mardi 7 juin.

Poursuivi pour «blessures involontaires avec incapacité supérieure à 3 mois par conducteur de véhicule terrestre à moteur», le conducteur du véhicule mis en cause appartient au GIGN (Groupe d’Intervention de la Gendarmerie nationale) unité basée à Villacoublay (Yvelines). Il était poursuivi en raison de sa vitesse excessive lors de cette course-poursuite : nécessité de mission ou risques inconsidérés et injustifiés ?

Six mois requis

Le militaire du GIGN a été reconnu coupable, mais dispensé de peine.  Initialement, le parquet avait requis six mois de prison avec sursis. Le militaire devra toutefois indemniser les victimes à hauteur de 3.182 euros pour le préjudice matériel. Les indemnités pour le préjudice physique font l’objet d’un renvoi.

Dans son jugement, le tribunal a considéré que le militaire «pouvait s’affranchir des dispositions du Code de la route», car il faisait «usage de ses avertisseurs spéciaux». Toutefois, «l’urgence n’était pas justifiée, car une balise était placée sous le véhicule poursuivi», estime le tribunal. En clair : les militaires auraient pu retrouver le véhicule poursuivi plus tard, même en perdant sa trace ce jour-là. Le tribunal estime enfin que «vu la configuration des lieux» la vitesse du véhicule du GIGN  «était excessive». La perte de contrôle du véhicule du GIGN s’est produite, en virage, à une vitesse estimée entre 150 et 200 km/h.

Nécessité VS prise de risque

Avant le procès, l’avocate des parties civiles, Me Murielle Bellier expliquait : «J’entends bien que cet accident s’est déroulé dans le cadre de l’exercice de sa mission, mais nous estimons qu’il a pris un risque, que sa conduite n’était pas adaptée aux circonstances de la route et que ce risque a eu des conséquences désastreuses pour ceux qui ont croisé sa route». 

Seule une des deux victimes, Bernard Poiret, était représentée dans ce procès, son épouse Simone étant décédée 10 mois après l’accident. «Elle était déjà malade au moment de l’accident, et l’accident, ce qui est arrivé à son mari, n’a pas aidé», estimait Me Bellier lors d’une première présentation du dossier devant le tribunal en mars.

Ce procès s’est déroulé à huis clos. L’identité du gendarme reconnu coupable ne peut être divulguée en raison de son appartenance à un corps d’élite.

F. A.-T. avec A. B.

Source : www.oisehebdo.fr

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