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Sécurité

Les gendarmes d’élite d’Eure-et-Loir se préparent aux pires situations

Publié le 10/09/2019 à 06h02

Les gendarmes d'élite d'Eure-et-Loir se préparent aux pires situations
Les pelotons de surveillance et d’intervention de la gendarmerie (Psig) d’Eure-et-Loir à l’entraînement. © Thierry DELAUNAY

La gendarmerie d’Eure-et-Loir  est dotée de quatre pelotons de surveillance et d’intervention de la gendarmerie (Psig) Sabre. Ces unités spécialisées ont pour mission d’arrêter les malfaiteurs mais ont également un rôle de rempart face aux terroristes, en attendant l’arrivée du groupe d’intervention de la gendarmerie nationale (GIGN).

Les gendarmes en opération de nuit (photos Thierry Delaunay).

« Gendarmerie ! Au sol ! Bouge pas ! » Cagoulés, casqués et armés, des hommes se ruent sur deux suspects présents sur un terrain de sport, à Bouglainval, dans la nuit de jeudi à vendredi. L’effet de surprise fonctionne.

Ces hommes, ce sont les gendarmes du peloton de surveillance et de gendarmerie (Psig) de Lucé dirigés par le commandant de la compagnie, Cyril Colliou.

Le chef du dispositif claque ses ordres : « Une fouille sérieuse. Et je veux une couverture, les gars. »

La mission est remplie : l’arrestation des suspects, sans se faire repérer, et sans aucun coup de feu. Cette maîtrise des situations dangereuses et de l’environnement est le reflet d’un entraînement répété, destiné à acquérir les bons réflexes et des automatismes.

L’équipe cynophile est sollicitée par le PSIG.

Prêts à intervenir en moins de 20 minutes

Et c’était justement un exercice. Car si la vocation première des Psig est la lutte contre la délinquance de voie publique, notamment nocturne, les unités euréliennes sont devenues « Sabre » : Mieux formés, armés et équipés, et prêts à intervenir en moins de vingt minutes sur n’importe quel point de leur territoire, ils ont une mission supplémentaire. Celle d’intervenir en cas de tuerie de masse, en attendant l’arrivée d’une unité d’intervention spécialisée, comme le GIGN.

Un forcené abattu par les gendarmes à Bazoches-en-Dunois, dans la nuit de samedi à dimanche

Chaque semaine, les militaires peaufinent inlassablement leurs doctrines d’intervention. Le spectre de leurs missions s’est élargi avec l’escorte des détenus transférés, le flagrant délit, le renseignement, la surveillance du territoire et l’intervention face à des forcenés retranchés.

Les militaires sont en approche.

Ce dernier thème a été choisi par le commandant de la compagnie de Lucé, le commandant Cyril Colliou, pour un deuxième exercice : dans une ferme du Perche, un homme armé d’un fusil est retranché. Les hommes du Psig se stationnent loin de la ferme et approchent à pied par la lisière des bois.

Formés à la tuerie de masse planifiée

Le contact est pris avec le forcené. Une médiation débute. Mais il refuse la reddition. Un négociateur prend le relais.

Pendant ce temps, le chef du dispositif place ses hommes à des postes d’observation et à d’autres endroits stratégiques autour de la ferme.

Un schéma tactique doit être défini. Les options sont multiples : l’effet de surprise, la ruse, le gaz, la diversion, le chien de l’équipe cynophile ou l’assaut.

Chaque militaire a un rôle précis durant l’intervention.

Mais l’assaut ne s’effectue que si le forcené fait usage de son arme. Deux heures plus tard, l’homme sort, lâche son fusil et s’agenouille. Il est interpellé et menotté par les gendarmes.

Au débriefing, l’instructeur rappelle les consignes : « Vous devez vous poser deux questions : est-ce que je suis utile là où je suis, et est-ce que je suis protégé ? Enfin, le chien doit intervenir de façon silencieuse pour ne pas saboter la mission. »

Le lendemain, les gendarmes du Psig se sont entraînés dans la situation la plus périlleuse : des assaillants armés de type terroristes. L’aspect le plus complexe et le plus dangereux de leurs missions.

Missions héliportées

Les opérations héliportées font partie de leurs missions.

Les gendarmes du Psig s’entraînent régulièrement à l’hélitreuillage. Des exercices absolument nécessaires, comme le confirme le colonel Georges Pierrini, commandant le groupement de gendarmerie d’Eure-et-Loir : « Ils doivent être en capacité d’intervenir dans tout type de typologie sur le département, même difficile, et d’accéder sur les zones rapidement. »

Car les unités ont un défi à relever : « L’hélitreuillage est l’un des moyens à leur disposition pour être sur place en moins de vingt minutes. » Le patron du groupement de gendarmerie d’Eure-et-Loir leur a fixé un objectif précis : « Il ne faut pas oublier que la mission principale de cette unité, c’est d’empêcher que la situation ne s’aggrave. Et se donner ainsi toutes les chances de la résolution de la crise. » Une fois sur place, les pelotons de surveillance et d’intervention de la gendarmerie adaptent une stratégie en fonction de la situation.

En 2018, les gendarmes du Psig sont intervenus 1.300 fois dont 353 pour des personnes  « excitées », sur 88 bagarres, sur 107 violences familiales et sur 21 personnes suicidaires. Et ils ont réalisé 282 interpellations.  

Thierry Delaunay

Source : www.lechorepublicain.fr

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